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Les Toupins de Morgins

La petite station de Morgins, sise à la frontière franco-suisse, au coeur du domaine skiable des Portes du Soleil, a voulu se souvenir qu'elle doit son nom aux Celtes, fondateurs de la localité. A l'époque celtique Morgins se situait sur le territoire de la tribu des Nantuates, à la frontière des terres des Allobroges, ancêtres des actuels Savoyards. Morgins est donc frontière et son nom le dit clairement puisque la racine celtique 'morgo' (ou 'murga' dont dérivent mur et murgère) signifie limite. A l'heure actuelle, la frontière internationale est la même que la frontière intertribale de l'époque celtique et le Pas de Morgins est encore le seul haut point de passage routier qui relie entre elles les stations françaises et suisses des Portes du Soleil. Il est intéressant de noter que la station française voisine de Morzine tire son nom du même radical et de la même situation limite considérée du point de vue des Allobroges.
Mais pourquoi les toupins ? Dans la zone alpine (le nom des Alpes vient d'ailleurs du celtique 'alp', mont, sommité) l'économie celtique était fondée sur l'élevage des capridés et des bovins, ces derniers gagnant en importance avec le développement de la fabrication des fromages qui furent déjà exportés à l'époque romaine. Morgins a donc trouvé le symbole de son attachement à son passé dans la cloche traditionnelle de ses vaches qui se nomme 'toupin'. Il ne s'agit pas de la cloche de bronze qui marque une prospérité plus récente mais de la cloche de fer, largement répandue dans l'Europe celtique et fabriquée depuis les temps les plus anciens par les forgerons des villages.
Le toupin est devenu symbole de l'identité morginoise et depuis il est associé à la vie de la station comme un signe de fête et de rassemblement.
Les toupins de Morgins sonnent au coeur du village à l'occasion du solstice d'hiver et d'été qui marquent respectivement l'ouverture et la clôture de la saison d'hiver. Ils participent aussi bruyamment aux festivités du 1er août, fête nationale suisse, sans trahir leur origine. En effet, la fête helvétique du 1er août est l'héritière directe de l'une des quatre grandes fêtes celtiques, le Lugnasad, qui se célébrait à la même date. A Lyon, qui doit précisément son nom à la divinité celtique Lug, cette fête religieuse était l'occasion d'un rassemblement politique des délégués de toutes les tribus de la Gaule et les Helvètes y prenaient également part. Or en l'an 12, l'empereur Auguste décida de détourner le sens de cette fête trop gauloise. Pour la romaniser, il en fit une fête en son honneur de sorte que, dès sa mort deux ans plus tard, le Sénat romain ayant divinisé cet empereur, le nom Augustus servit à désigner le mois qui débutait par cette fête dont il fallait (définitivement croyait-on) marquer la romanisation. Pour que le rappel du passé soit complet, les porteurs des toupins morginois revêtent la 'poenula' survêtement celtique, ancêtre de la coule encore portés plus tard par les moines chrétiens du continent. Cet ensemble symbolique, visuel et sonore, constitué par les toupins de Morgins, continuera de témoigner de l'attachement d'une petite collectivité montagnarde à ses lointains ancêtres qui ont si bien su choisir pour point de chute un point limite par lequel continue de passer le courant d'amitié qui, bien avant l'Europe nouvelle et les Portes du Soleil, reliait les Allobroges et les Nantuates de L'Europe des Celtes.
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Le Carillon pour la Paix

Un patrimoine pour une découverte touristique
Le carillon a pour originalité d'être en plein air dans la montagne au cœur d'un village, donc visible.
Il fallait 23 cloches pour être homologué parmi les carillons de Suisse. Il en compte effectivement 25 puisque lui sont associées les deux aînées du clocher de l'église.
Le visiteur à le bonheur de découvrir un magnifique instrument de musique dans ce très beau décor montagnard qui change avec les saisons. Les promeneurs et les skieurs ont la possibilité d'entendre tout en haut dans la pente les mélodies emportées par le vent.
Deuxième dimension : une catéchèse pour notre temps
Les effigies gravées sur les cloches forment un ensemble catéchétique sur la vie de Jésus, les paraboles de la miséricorde et l’Eglise au travers des visages de St François et de Ste Thérèse. Sculptées par des moniales de Voiron en Haute Savoie, ces effigies sont reproduites au bas du carillon, sur la place , là ou le public peut les découvrir de près !
Troisième dimension : une solidarité au service de la paix
La fondation s'est fixée pour but d'aider et de collaborer avec les associations qui soutiennent les apprentis et les étudiants dans les pays en voie de développement, car aider des jeunes qui deviendront formateurs pour d'autres jeunes c'est permettre de créer des chemins de paix pour l'avenir. La mappemonde entourée d'une chaîne humaine de l'artiste André Bücher rappelle cette nécessaire solidarité pour la paix et l'équilibre du monde dont les câbles qui soutiennent en tension le globe sont le symbole dans le monument. Cette mappemonde accueillera petit à petit des sachets de terre provenant de tous les pays de la planète.
La fondation désire aussi éveiller les jeunes de chez nous toujours davantage à une meilleure connaissance des autres cultures en leur présentant des témoins qui travaillent aujourd'hui à construire un monde plus juste et plus humain. Pour réaliser cela, des rencontres seront organisées à Morgins qui favoriseront une éducation à la solidarité et à la paix.
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